L'hirondelle de fenêtre
De retour d’Afrique, les hirondelles de fenêtre reviennent !
Les hirondelles de fenêtre sont en train d’accomplir leur long voyage de retour. Bientôt elles arriveront épuisées sur nos côtes et prendront le chemin de nos villes et de nos villages. Elles rejoindront alors leurs nids de l’an passé ou en construiront d’autres pour y entreprendre leur nidification.
Plus trapue que l’hirondelle rustique, l’hirondelle de fenêtre a le dessus du corps noir à reflets métalliques d’où se détache franchement un petit croupion blanc pur. Le dessous de son corps est, dans son intégralité, d’un blanc immaculé, sa queue sombre est échancrée mais ne présente pas de filets.
Consommatrice du plancton aérien, considérée comme un excellent indicateur biologique, elle chasse en altitude des insectes (moucherons, pucerons ailés, fourmis volantes). L’hirondelle de fenêtre est une citadine qui niche en colonies au cœur des villes.
Maçon hors pair, elle construit son nid sur les façades des bâtiments, sous les avant–toits, sous les gouttières ou encore dans l’encoignure des fenêtres. Le nid est une coupe fermée et collée au support avec juste un orifice d’accès. Le matériau de base servant à la construction du nid est constitué de boue qu’elle ramasse sur le bord des mares ou d’une flaque d’eau. Le nid sera utilisé pour mener à bien deux nichées successives.
Peu après l’éclosion des poussins, les nourrissages assurés par les deux parents sont extrêmement fréquents. Par leurs déjections, les jeunes au nid sont accusés de provoquer des salissures et les nids sont parfois détruits en toute illégalité (destruction interdite par la loi). Outre les problèmes de pesticides, l’une des causes de la diminution des hirondelles de fenêtre est justement la destruction des nids.
Il appartient à chacun d’entre nous d’œuvrer pour la préservation de ces messagères des jours heureux qui pourraient bientôt ne plus annoncer le printemps en France.
Assurer leur avenir, c’est aussi assurer le nôtre...
Patrick Duhamel, Cacien, délégué LPO pour le Loiret,
Ligue pour la protection des oiseaux
En savoir plus :
Entretien avec…Patrick DUHAMEL, délégué départemental de la LPO (Ligue de protection des oiseaux)
Qu’est-ce que la LPO et comment s’est-elle constitué dans le Loiret ?
La LPO est une association nationale située à Rochefort qui compte 43200 adhérents en France. Dans le Loiret, notre groupe s’est officialisé en juillet 2005 avec 288 adhérents et nous sommes à ce jour 332. Je suis à l’origine de ce groupe qui s’investit bénévolement dans la réalisation d’actions
de protection des espèces en danger. Nous sommes des amoureux des oiseaux et de la nature. On a commencé notre action avec la chouette Chevêche, une espèce en déclin et
la pause de nichoirs. On protège également l’Hirondelle et l’Effraie des clochers (sorte de chouette). Nous obtenons de bons résultats.
Vous avez proposé récemment aux Caciens une sortie ornithologique en bord de Loire. Pourquoi avez-vous choisi Chécy et qu’avez-vous pu observer ?
C’était à l’occasion de la fête de la nature, une manifestation nationale. J’ai choisi Chécy en sachant que la municipalité était très proche de l’environnement et les Pâtures s’y prêtaient bien. Le site est intéressant, on a d’ailleurs rencontré une trentaine d’espèces. Un moment fort : la découverte
d’un oiseau migrateur : le Loriot. C’est un oiseau qui arrive d’Afrique au sud de l’Equateur et il a donc fait beaucoup de chemin pour arriver jusqu’à chez nous. Ce qui a également intéressé beaucoup de gens c’est lorsque l’on a observé le nourrissage de jeunes pic-épeiches dans un arbre creux. C’était l’occasion d’expliquer que les arbres creux sont nécessaires dans la nature pour que certains oiseaux puissent s’y nicher. Dans les Pâtures ce sont principalement des acacias. Les Pâtures sont riches en biodiversité, on a trouvé des orchidées sauvages.
Quels sont les oiseaux que l’on trouve principalement dans la zone naturelle située entre la Loire et le Canal ?
Il y a des espèces que l’on trouve facilement comme les mésanges : mésange bleue, charbonnière, huppée, à longue queue et la nonette. On peut aussi voir des rapaces : le faucon cresserelle, la buse, la bondrée apivore, c’est un oiseau qui se nourrit d’insectes indésirables à l’homme (guêpes, etc.). En
bords de Loire on rencontre aussi des oiseaux migrateur au printemps et en été, sterne pierregarin, sterne naine, chevalier aboyeur, petit gravelot, balbuzar pêcheur : c’est un pêcheur
de Loire et c’est spectaculaire à voir !
Pour terminer, quels sont vos projets pour Chécy ?
J’ai l’intention d’installer un nichoir à faucon cresserelle, un nichoir à hulotte et deux/trois nichoirs à grinpereaux des jardins, c’est un petit oiseau pas très connu, très fin et couleur écorce d’arbre. Les promeneurs pourront ainsi profiter de ces nichoirs pour observer les oiseaux. On va aussi recenser les insectes dans cette zone. Il y a d’ailleurs une colonie d’abeilles sauvages sur une butte de terre. Ce qui serait bien, c’est de constituer un groupe de personnes motivées pour travailler sur Chécy. Je suis associé au groupe de réflexion Chécy Poumon Vert.
En savoir plus…
Vous pouvez contacter la LPO Loiret :
Patrick Duhamel au 02 38 86 97 93
• Site internet de la LPO